Générations différentes, usages différents, même Internet

En attendant la nouvelle version du rapport « Digital Global Overview », devenu un point de référence pour tous les experts du secteur et les passionnés d’Internet, nous avons décidé de refaire un tour de manège sur le digital report 2022, avec des données concernant 2021.

La première donnée sur laquelle réfléchir est le nombre d’utilisateurs d’Internet : presque cinq milliards, un chiffre colossal, mondial ; nous, internautes, sommes désormais une large majorité sur cette planète. Un nombre significatif en termes absolus mais aussi relatifs : il y a dix ans les utilisateurs d’Internet étaient un peu plus de deux milliards.

Une participation aussi large nous fait réfléchir : tous les indicateurs que nous analyserons dans les pages suivantes du rapport concernent de fait une grande partie des habitants de cette planète, ils retracent le comportement global de notre espèce par rapport à l’utilisation des espaces et services numériques. En même temps, ils nous permettent d’identifier précisément les habitants les plus pauvres de cette planète, ceux qui n’ont pas accès à Internet.

En parcourant rapidement l’ensemble du rapport, une évidence saute aux yeux : les véritables différences en termes d’usage sont générationnelles. Des générations différentes ont une perception différente des services et des espaces numériques ; par conséquent, elles les apprécient, les utilisent et cliquent de manière très différente.

Pour mettre en évidence ces différences, comparons deux tranches d’âge très différentes présentes dans le rapport : analysons le « generation gap ».

Les très jeunes, tranche 16–24 ans, contre les seniors, tranche 55–64 ans.

Les très jeunes effectuent deux fois plus de recherches par images et de recherches via assistant vocal, utilisent davantage les services de traduction en ligne, écoutent des podcasts, téléchargent et utilisent des jeux vidéo. Des indicateurs statistiques qui démontrent des comportements et des besoins générationnels : il s’agit de services en ligne plus réactifs, dynamiques. Les très jeunes se fient moins au texte écrit, ont une approche moins traditionnelle, souvent non séquentielle, des contenus, et sont disposés à rechercher des informations même dans une langue autre que leur langue maternelle.

Dans l’utilisation des Réseaux Sociaux également, on constate une préférence plus grande et évidente pour les contenus numériques et pour des formes expressives immédiates et captivantes, vidéos et images : TikTok et Instagram.

Des comportements qui montrent une bonne disponibilité envers les contenus et les expériences multimédias et qui, en partie, nous permettent d’anticiper les expériences immersives et totalisantes qui caractériseront Internet à l’avenir, grâce à la 3D et au Métavers.

Les seniors, tranche d’utilisateurs plus mûrs, ont des dynamiques d’utilisation et de perception opposées à celles des très jeunes. Ils utilisent davantage Facebook, le réseau social aux modes de communication plus traditionnels, recherchent en tapant des termes dans le champ de recherche unique de Google, abordent de manière séquentielle la liste des résultats d’une recherche, sont nettement plus préoccupés par la diffusion de leurs données personnelles même si, par rapport aux très jeunes, ils utilisent beaucoup moins les « ad blockers ». Un type de public moins réactif, probablement plus réfléchi devant l’écran.

Jusqu’ici rien de nouveau.

Les réflexions les plus intéressantes concernent les aspects communs aux deux générations ; il existe en effet certains indicateurs très proches les uns des autres.

Le premier est le streaming : les deux générations présentent un taux élevé de consommation de films et séries TV via des plateformes à la demande. Après tout, il s’agit du contexte numérique le plus proche des médias traditionnels, accessible également via une smart TV, un contexte hybride où coexistent des éléments numériques et traditionnels.

Mais le véritable point d’intersection est l’e-commerce : les deux générations achètent fréquemment en ligne.

Le shopping en ligne est devenu un point de rencontre générationnel : mère et fille, oncle et neveu, ont la même attitude et le même besoin de chercher sur le réseau, choisir, approfondir et, surtout, acheter.

Probablement la plus grande réactivité numérique des très jeunes s’équilibre avec la plus grande disponibilité économique des seniors.

Au cours de ces années, pendant et après le confinement, nous avons compris ce qu’est le smartworking, fait des centaines de réunions en ligne, utilisé notre identité numérique pour réserver des services utiles ou indispensables mais, surtout, avant tout, nous avons appris à acheter en ligne.

Plus de shopping, plus d’attention envers nos comportements, plus de big data, plus d’achats en ligne, plus d’Internet.

Qui sait ce qui nous attend encore.

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